Violence douce

Initiale

Minjung Kim(Korean, b.1962) Blue Echo (Eco blu) 1995 Watercolour and ink on rice paper

À l’encre qui perle à la pointe du pinceau, il ordonne un pas à peine plus lourd que celui de l’insecte qui se pose à la frontière du ciel, sur l’onde discrète d’un lac.

Face à la blancheur de la feuille, c’est ce qu’il nomme la pudeur. Sa propre réserve imprime toute son hésitation au caractère qui lui donnerait un nom dans le désordre du feuillage d’un buisson.

Il s’avance comme on marche sur la neige, en s’imprégnant de cette matière qui bruit comme une étoffe mais est toujours sur le point de fondre.

Avides les veines et les fibres s’abreuvent de ce qui décrit la nuit pour lui opposer le jour.

L’encre sève et sang aveuglé gagne en gaité.

Sur le papier, on peut désormais lire dans la courbe d’un tronc, le rêve d’une irisation…

View original post 33 mots de plus

Le yack

brigetoun

yack– Non, c’est le yack qui est en train de mourir. Il faut que j’aille au zoopark, à cause de lui. Le yack est vieux et malade. Le vétérinaire est venu, il a dit qu’il en avait encore pour un jour ou deux. C’est la dernière nuit du yack. Ça arrive dans un zoo. Les barreaux protègent, mais ils n’empêchent pas la mort de passer.

Freek marque une pause. En face de Yasar, qui est amical avec lui, il n’a pas trop de problèmes d’expression. C’est même tout le contraire : il semble ne pas pouvoir se retenir de parler. Il trempe ses lèvres dans la caféine encore chaude, puis il renoue le fil de son discours.

Les bêtes sont tristes derrière les grilles, dit-il. Et la tristesse, ça fatigue beaucoup. Elles sont à l’abri, elles sont protégées, mais elles vieillissent aussi vite que si elles étaient en liberté, exposées…

View original post 186 mots de plus

Ce qu’on fait des langues

brigetoun

Sans titre-… C’est donc le français, comme langage politique, qui est en défaillance chez nous et cela dure, dans notre classe dirigeante, depuis plus de trente ans ! Tous ces petits mandarins qui se regardent, à tout propos, dans le miroir de Paris et des politiciens français. Sauf que ces derniers, plus roués, eux, usent d’un langage apparemment modeste : ils se considèrent comme des «élus» et ils le sont, malgré tout ! Ici, hélas, Najia, vous voyez quelquefois le leader – ancien maquisard ou condamné à mort, ou héros authentique (trois mois ou trois années de bravoure dans sa jeunesse) -, s’installer ensuite, pendant des décennies, dans ce soufflé verbal, c’est une dégénérescence pareille, je crois, à celle des maisons, si belles autrefois, de ma pauvre Casbah !

Najia m’avait écouté, attentive. Elle se leva, se remit à argumenter avec patience, et son entêtement me surprit :

– Mais les…

View original post 192 mots de plus